Lors de ma courte expérience d’enseignement en milieu scolaire, j’ai toujours tenté d’améliorer mon enseignement afin de le rendre plus concret et intéressant pour mes élèves. Le défi était de taille puisque j’avais à faire avec des adolescents majoritairement blasés, inintéressés ou occupés à autre chose que d’apprendre les concepts scientifiques parfois très abstraits que j’avais à leur enseigner.

Alors que j’ai décidé de rester à la maison pendant les premières années de mes enfants (du moins), un processus de déscolarisation s’est entamé. J’étais plongée dans un conflit interne de valeurs. D’un côté, les conseils et les recommandations de l’extérieur, de l’autre mon instinct. Étant une personne qui passe sa vie à se questionner, je me remettais en question à tout moment afin de tenter d’éduquer mes enfants au mieux de leur potentiel. Par chance que mon conjoint était là par moments pour me ramener vers la ligne directrice qu’on s’était dessinée ensemble, car j’étais égarée, confuse, voir même frustrée par moments. Lorsqu’un conflit, que j’oserais qualifier de métacognitif dans ce cas-ci, se dresse en soi, il est très difficile d’y répondre soi-même. Souvent les discussions avec des gens qui ont des opinions semblables aux nôtres et le temps nous permettent de prendre le recul nécessaire pour ensuite avancer avec confiance.

Déscolarisation

Qu’est-ce que la déscolarisation?

Ce terme, je l’ai découvert alors que je participais à une discussion sur le “unschooling”, terme traduit par l’expression “écologie de l’enfance” dans la francophonie. Philosophie découlant de la parentalité bienveillante, le unschooling est avant tout une attitude de confiance envers les prédispositions naturelle de l’enfant à apprendre. Il favorise l’apprentissage dans les petites activités du quotidien, aucune planification, aucune évaluation, on suit le rythme de la vie et s’ouvre à toutes les occasions qui s’ouvrent à nous pour apprendre. Les adultes et les enfants ont le même statut, celui d’humain, et le respect de l’enfant en tant qu’humain à part entière est priorisé lorsque lui vient le temps de faire des choix. *À noter que ceci est ma propre compréhension de cette philosphie qui est très complexe à s’approprier.

freelearningboys

En découvrant la philosophie du unschooling, je me suis sentie déstabilisée, complètement renversée. Toutes les balises que j’avais construites au fil du temps tombaient. Mes points de repères n’avaient plus le même sens à mes yeux. J’avais tout un travail à faire afin d’apprivoiser cette idée qui m’a séduite et terrorisée à la fois! Par où débuter lorsqu’on a un intérêt pour unschooling alors que le modèle n’est pas celui-ci? Il s’agit en premier lieu de vivre une période de déscolarisation qui se fait souvent naturellement et parfois même à notre insu. Petit à petit, j’ai commencé à suivre mon instinct, celui que j’avais tant de mal à étouffer par moments. Je regarde mes enfants se développer socialement, physiquement et psychologiquement et je constate que c’était la meilleure chose à faire. Je sens que mes enfants croient en leurs capacités, sont curieux et aiment apprendre. Ils sont capables de prendre des décisions et de comprendre notre position. Il est certain que vivre en “harmonie ensemble” en tenant de respecter les besoins de tous les membres de la famille ne se fait pas en claquant des doigts. Cela demande autant, sinon plus, d’efforts de la part des parents que des enfants. Le lâcher-prise étant la plus belle leçon que la philosophie de la parentalité bienveillante ne m’aie apprise, le défi que ma déscolarisation a représenté pour moi en a été un de taille, mais les leçons que j’en ai tirée valent plus que la chandelle!

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