La nouvelle qui fait jaser ce matin: 5 millions à trois entrepreneurs pour leur projet de “Lab-école”. Peu de pour beaucoup de contre, les travailleurs du milieu scolaire et les femmes se sentent en minorité, exclus…

Article dont il est question: Trois vedettes pour réinventer l’école par Denis Lessard

 

Toutefois, il semble qu’il n’y aurait rien de confirmé encore:

“Québec compte voir des acteurs du monde des affaires associés à cette initiative, mais attend une confirmation de leur part pour une sortie publique.”

– Source La Presse + par Denis Lessard

Pourquoi des réactions si vives?

D’une part le titre semble nous annoncer que l’École sera sauvé par trois vedettes! De l’autre, aucune femme impliquée (je me pose d’ailleurs la question à savoir pourquoi aucune ne s’est sentie interpellée par le projet? Je ne pense pas que ces hommes n’aient jasé à aucune femme à propos de leur “Lab-école”…). D’une autre encore, personne n’est en lien avec le monde de l’éducation: architecture, cuisine et activité physique… comment se fait-il qu’ils puissent être considérés comme des experts pour oser “réinventer l’école”?

Personnellement, je crois bien que des expériences extérieures au milieu amènent des idées nouvelles au système pour aider les gens du milieu à s’ouvrir, vouloir et enclancher un changement profond du système, dont la bureaucratie qui le supporte. Les entrepreneurs ont une expérience de vie très différente des salariés et fonctionnaires. Je crois qu’il y a certains des aspects de leur travail développés au fil de leurs expériences qui pourraient aider tous!

Oui, les éducateurs doivent pouvoir s’exprimer. Oui, il fait tenir des contraintes de la réalité du quotidien.

Mais si on ne réinventait pas justement ce quotidien, ensemble, en équipe, au lieu de voir de la compétition et du danger lorsque des gens nouveaux désirent s’impliquer. En ce qui les concerne, Pierre Lavoie s’implique beaucoup dans le milieu scolaire dans le cadre de son Grand Défi; Ricardo Larrivée est porte-parole de la Tablée des chefs; quant à Pierre Thibault son rêve le plus fou serait de “concevoir ici même les lieux d’enseignement les plus agréables et les plus enviés au monde” (Source: L’Actualité). Une chose est certaine: ces gens sont intéressés et impliqué en éducation. Il semble donc que c’est le contexte qui semble davantage hors de la boîte qui vienne déranger les gens.

Mon questionnement

Pourquoi l’éducation de nos jeunes doit-elle s’en tenir à l’école? Après 15h, c’est terminé: on n’apprend plus? Ce n’est pas parce que quelqu’un ne travaille pas en milieu scolaire qu’il n’a pas à coeur l’éducation. Les plus grands penseurs dans le domaine sont à mon avis ceux qui en sont sorti pour y revenir ou pour bâtir quelque chose d’autre tout comme ceux qui ont osé se remettre en question, se distancer de leur pratique pour la réévaluer, la réimaginer. Ils ont pris le recul nécessaire pour voir les différentes facettes de la situation et pour oser s’imaginer quelque chose de mieux, de rêver à l’idéal sans les contraintes du système qu’il s’est lui-même imposé…

Je ne parle pas seulement de certains penseurs populaires tels que Sir Ken Robinson, Celine Alvarez, ou encore Thierry Pardo…

Je parle aussi de ces enseignants, ces éducateurs, ces directeurs, ces conseillers pédagogiques qui ont osé faire autrement malgré le regard de leurs collègues déstabilisés par leurs approches et leurs pratiques différentes. De ces passionnés qui tentent de se mobiliser pour construire quelque chose de beau, d’idéal pour nos jeunes, notre futur, maintenant, tout de suite.

Je parle aussi de ces parents: ceux qui aspirent à un meilleur service du système, ceux qui osent retirer leur enfant parce que l’école ne répond pas à ses besoins. Parce que l’école n’a pas les ressources pour l’aider adéquatement pour diverses raisons. Parce qu’ils aspirent à un mode de vie différent et plus simple pour leur famille. Parce que la vie n’est pas obligée d’être telle qu’elle l’est présentement, qu’il y a toujours une alternative, un choix à faire afin de se sentir bien, heureux, en paix avec soi-même, avec ses proches et ses pairs. Ces gens m’inspirent beaucoup.

S’ouvrir

Il est certain que pour tout changement, il y a une énergie nécessaire pour se mobiliser et ébranler le statut quo qui a tendance à rester tel quel. Marc-André Girard parle d’inertie dans son ouvrage Le changement en milieu scolaire québécois. Ce concept illustre très bien la tendance que nous avons à embarquer dans les pratiques qui nous sont familières ou avec lesquelles nous sommes habituées. La nouveauté fait peur: Mais pourquoi?

Un concept à aborder dans l’élaboration d’une tentative de réponse est la “mentalité de croissance”. Notre esprit doit être ouvert et voir les défis, les erreurs, les obstacles, les rétroactions comme des alliés à notre progression, non pas seulement personnelle mais aussi de communauté.

Invitation

Laissons la chance au coureur de confirmer son plan de match et ensuite, donnons-lui un coup de main avec une belle rétroaction signifiante et pertinente.

C’est ensemble que nous pourrons faire bouger les choses!

 

Je vous laisse avec cette conférence d’ouverture donnée par le Ministre Proulx lors du REFER dernier. Une conférence qui m’a donnée confiance en ce que le Ministre est en train de bâtir.

 

Mise à jour

Voici une liste d’articles et d’entrevue donnant davantage d’information sur le sujet suite à l’annonce hâtive du projet Lab-école

« L’ÉCOLE DOIT REDEVENIR LE CŒUR DE LA COMMUNAUTÉ » par Stéphanie Bérubé sur LaPresse+

Entrevue de Ricardo Larrivée par Paul Archand

Réaction de Marilyne Lafrenière sur LaPresse+ 

 

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